Quel Bio produit !

Depuis quelques années, la vague du bio s’est transformée en Tsunami ! La conscience collective s’est réveillée, et les marques ont saisi l’opportunité d’un marché en croissance à deux chiffres. Mais que doit-on en penser? Quelles sont les stratégies des marques pour vendre? Est-ce vraiment naturel et respectueux?

Quand on voit certains caddies, on se dit que les consommateurs n’attendaient que ça: viande bio, légumes bio, céréales bio, savon bio,  dentifrice bio, coton démaquillant bio, biscuits bio, liquide vaisselle bio… On se dit que tout peut être mis à la sauce bio !

  • Alors oui, il y a une demande:

En 2011, le marché des produits issus de l’agriculture biologique représentait 4 milliards d’euros, et a donc été multiplié par 4 en dix ans. Bon, ça représente quoi en vrai? Ça représente environ 2,6% de la consommation alimentaire en France, selon l’Agence Bio. Les tendances de recherche sur Google Trends montrent le même engouement (ici à noter le plus de recherche sur le bio est attribué à l’Ile-de-France). Les émissions de télévision sur le bio, les nouvelles tendances « vertes » et sur l’environnement fleurissent (sans engrais?), dernier exemple en date: l’émission 200km à la ronde de France 5 sur les locavores. Combien de blogs et sites sur le bio? Bref, on est envahi par cette vague de vert, où que l’on soit.

  • Pourquoi cet engouement ?

Plusieurs facteurs se conjuguent: les consommateurs veulent prendre soin de leur santé tout en privilégiant le goût  et la qualité des produits, ils considèrent les produits bio plus naturels car ils ne sont pas fait avec des produits chimiques, veulent protéger l’environnement, et pour des raisons éthiques également. Le principal frein reste le prix, car souvent plus cher que les produits non-bio.

  • Et côté marques ?

Le plus difficile pour être éco-responsable est à l’origine de trouver le bon approvisionnement: Quand on s’appelle Mont-Blanc (les desserts, pas les stylos) et que les clients sont attachés au goût, il faut beaucoup de R&D pour ne pas rater le coche. Et de l’investissement aussi. Les labels sont vitaux pour les marques qui se lancent dans le marché du bio, sous peine d’être discréditées.

En terme de revenus, les ventes du marché bio sont additionnelles pour les grandes marques car elles ne cannibalisent pas leurs produits phares, mais apportent un plus.

Le bio a aussi été l’occasion de voir de nouvelles (ou moins récentes) marques mises en avant sur les rayons des supermarchés, autrefois uniquement disponibles dans les boutiques bio pour certaines, à côté des Marques des Distributeurs (MDD) qui eux aussi, ont flairé le filon (Auchan bio, Carrefour Bio, etc.). Ainsi, on a vu arriver Les2vaches et leurs produits laitiers (qui appartient à Danone mais c’est un secret!), Ecover et ses produits ménagers ou encore Melvita et ses cosmétiques bio.

  • Les produits: tous bio ?

Beaucoup de marques surfent sur la tendance « naturelle » pour gagner des parts de marché.
Certaines ont un sens de l’ éthique et cherchent à agir de manière intelligente comme Innocent ou Michel et Augustin; d’autres profitent de la tendance en intégrant des produits majoritairement naturels, mais où la composition du produit fait apparaître des ingrédients parfois sujets à controverses; exemple: Nivea Pure & Natural. D’autres encore laissent penser grâce à leur communication que les produits sont naturels sans jamais le spécifier (et l’être) comme Le Petit Marseillais par exemple.

  • Plus largement : la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE)

Les pays développés ont pris conscience que notre mode de fonctionnement et de consommation ne pouvait pas continuer de la même manière. Aussi la notion de RSE est de plus en plus entendue: « la démarche consiste pour les entreprises à prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de leur activité pour adopter les meilleures pratiques possibles et contribuer ainsi à l’amélioration de la société et à la protection de l’environnement ». Les entreprises ont donc le devoir d’en prendre conscience et d’agir en ce sens. Et pas de faire du Greenwashing (excellente enquête de Culturepub sur le Greenwashing).

Beaucoup d’entreprises se font épingler pour leur mauvais comportement: En 2010, Greenpeace dénonce Nestlé pour sa contribution à la déforestation de l’Indonésie via l’utilisation d’huile de palme, et crée une campagne choc Nestlé Killer avec la marque Kitkat. Finalement, Nestlé décidera d’arrêter l’utilisation de produits issus de la destruction des forêts tropicales, et ce grâce aux centaines de milliers de personnes ayant milité ou ayant relayé l’information par les réseaux sociaux.

Plus récemment, c’est le colorant cancérigène, information révélée par le Centre pour la Science dans l’intérêt du public (CSPI) en début d’année 2012, dans la recette des Sodas de Cola qui a fait polémique sur les réseaux sociaux & les média et qui a mené Coca-Cola à changer sa recette secrète.

Aujourd’hui, les consom’acteurs ont plus de pouvoir et les entreprises doivent être de plus en plus vigilantes car la communication 2.0 peut abîmer leur image de marque. Dernière illustration : vwdarkside, parodie de la pub Volkswagen avec vidéo et site web pour devenir un Jedi – à voir et partager !
Que la force soit avec vous!

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